D’un train à l’autre

Lundi matin, nous retournons à la compagnie de chemin de fer pour rencontrer ses responsables. Nous discutons avec le directeur administratif et juridique et convenons de revenir le mardi ou le mercredi lorsque le directeur sera là. N’ayant plus d’obligations, nous décidons de poursuivre la journée sur le thème ferroviaire.

Si à la gare, les trains ne partent plus, à Leghar, à 200 m de là, les rails crissent de nouveau. L’administration du chemin de fer djibouto-éthiopien fonctionnait partiellement en français, ce qui explique le toponyme « la gare » dans un pays non francophone. Avec le temps, la population s’est  appropriée l’appellation en la déclinant dans différentes variantes, qu’il s’agisse de l’hôpital, du café, du quartier… ou de l’arrêt du « métro léger ».

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Métro quittant la station Leghar et vue sur Addis-Abeba. © Céline Fernandez

Les trains passent donc toujours à Lagare (Leghar), ou du moins dans le quartier de la gare, depuis l’inauguration d’un nouveau type de transport en commun : un métro non souterrain. C’est, à en croire les discours entendus sur le sujet, le second métro de ce type en Afrique (l’autre se trouve en Afrique du Sud).

Ce métro de deux lignes transforme profondément le paysage urbain en permettant à la fois de s’extraire des embouteillages et de relier des quartiers très éloignés (la ville a une superficie de 527 km²). Il est organisé sur deux axes, l’un nord-sud (ligne bleue) et l’autre, plus long, est-ouest (ligne verte). Nous avons décidé de parcourir entièrement la ligne verte.

Ce voyage aller-retour nous a pris plus de deux heures, plus longtemps que ce nous avions imaginé.
Les stations sont rapprochées dans le centre-ville et un peu moins nombreuses en périphérie. Cela s’est avéré un excellent moyen de découvrir Addis-Abeba. Nous avons traversé des zones très contrastées : quartiers aux immeubles neufs, rares quartiers aux villas huppés, nombreux bidonvilles et quartiers populaires.

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Tickets de métro. © Céline Fernandez

Autour du métro, tout un personnel s’affaire à son fonctionnement et son entretien. Le voyageur va d’abord s’adresser au guichet : on ne peut les repérer que si l’on sait à quoi ils ressemblent (le premier a été difficile à trouver). En arrivant sur les quais, des agents de sécurité veillent et parfois fouillent bagages et passagers. Des agents d’entretien s’activent, même sur les rails (ça surprend). Parmi le personnel visible, citons aussi les conducteurs.

Parlons enfin des métros. Il s’agit de matériel très moderne : écrans, annonces sonores, signaux lumineux, etc. Les espaces intérieurs sont vastes et plutôt confortables. En somme, si ce n’est que les métros paraissent plus larges et que les indications sont en amharique et en anglais, on pourrait se croire dans la ligne 2 du métro parisien.

CJ et CF

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